07/09/2007

No comment

septembre 7, 2007 in Hors sujet | Permalink | Commentaires (6) | TrackBack

11/07/2006

Zidane for ever !

Je sais, rien à voir avec la musique digitale. Mais la polémique autour du coup de boule de Zizane à Materazzi lors de la finale de la Coupe du monde Fifa, elle touche tout le monde. Scandaleux, inexcusable, inacceptable ! Les commentaires vont bon train. Dans ce concert de redresseurs de tort, j’avais juste envie de crier : Bravo Zidane !

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juillet 11, 2006 in Hors sujet | Permalink | Commentaires (8) | TrackBack

28/02/2006

Un vieux lion est mort ce matin...

Un vieux lion est mort ce matin,
Son vieux coeur fatigué a laché,
Le vieux patriarche nous a quitté,
Qui toute sa vie sur la terre s'est penché,
Pour en cueillir le fruit.

Un vieux radical est mort ce matin,
Du vieux cep noueux de son corps la vie s'est échappée,
Ce matin radieux de février il ne s'est pas levé,
Sans prévenir, une âme soeur est venue le chercher,
Pour l'emporter loin de nous à jamais.

Adieu pépé,
Sur ta tombe, aucun curé ne viendra se pencher,
Mais au fond de mon coeur,
Et dans celui de tous les tiens,
Tu as déjà gagné l'éternité.

février 28, 2006 in Hors sujet | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

29/09/2005

Cali censuré par le BVP

Il fallait que je tombe là-dessus au moment où j'arrive au bout des 1600 pages d'"Une saga moscovite", de l'auteur en exil Vassili Axionov, qui raconte l'histoire tragico-ubuesque d'un famille russe sous Staline. Le Bureau de vérification de la publicité (BVP) vient de censurer un des trois spots teasers réalisés pour le lancement du nouvel album "Menteur" de Cali, chanteur dont je suis avec d'autant plus d'attention le parcours qu'il a grandi à Perpignan, où je suis né, et longtemps écumé les balloches locales aux côtés du batteur Tounette, le frère d'un ami d'enfance devenu bassiste de l'orchestre rock California, à qui je dois mes premiers accords de guitare.

"Je vais réduire la fracture sociale... en 100 jours", déclare Cali dans ce spot teaser, avant qu'une voix off ne le traite de menteur. Le BVP a estimé que cette phrase faisait "une référence directe au programme [et aux mensonges ?] de personnalités politiques identifiables". Vous voyez de qui veut parler le BVP ? Moi aussi. Et comme je n'aime pas les censeurs, je vous invite à télécharger et à distribuer à toutes vos connaissances le fameux spot teaser. Certes, Cali ne risque pas d'être déporté au goulag, mais la mauvaise foi toute soviétique du BVP m'irrite passablement.

Télécharger le spot teaser de Cali censuré par le BVP

septembre 29, 2005 in Hors sujet | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

15/08/2005

Retour de vacances

Retour de 15 jours de vacances, après trois années d'abstinence forcée, dans un petit appart à 50 mètres de la plage dans lequel on a dormi jusqu'à douze... baignades, farniente sur le sable fin et bronzage optimal de circonstance, courses folles en catamaran sur l'étang du Barcarès et virées en VTT dans les pinèdes environnantes – ces dernières agrémentées de quelques montées d'adrénaline sur la falaise de Leucate (photo ci-contre), où le moindre coup de pédale de travers vous destine à une chute sur les rochers 30 mètres en contrebas...

Ajoutez à cela moultes visites d'amis et parents proches - mes trois enfants réunis, frère et soeur, belle-fille, beaux-frères et belles soeurs, cousins, nièce et neveux, avec quelques bonnes surprises et d'émouvantes retrouvailles...

Arrosez le tout de quelques packs de bières et apéritifs muscadés ou anisés, en préambule à des grillades festives à répétition (au sarment de vigne, luxe ultime !), accompagnées de melons (je n'ai pas mon pareil pour leur sentir le cul et savoir s'il sont bons) et des légumes et fruits goûteux cueillis dans le potager roussillonais de mon père (autre luxe ultime, et moyen priviligié d'initier ma descendance au vrai goût de la tomate, de l'abricot et de la pêche, qui n'en ont plus aucun au supermarché)...

Courronnez le séjour par un dîner en amoureux dans une hacienda en bord de mer, pour fêter nos 17 ans de vie commune - suivi d'une ballade et de pauses langoureuses sur la plage, avec la Grande Ourse en point de mire et quelques passages d'étoiles filantes, occasionnant autant de voeux de bonheur qui n'engageaient que nous – et vous comprendrez que j'en ai bien profité.

D'autant qu'une Tramontane persistante de force 3 à 7 a fait plus que m'aérer l'esprit – comme tout catalan qui se respecte, j'aime les bourrasques chaudes de ce vent sec surgi des Corbières qui fait déserter les plages aux touristes et provoque des bouchons en direction de l'Espagne, des hypermarchés et de l'arrière-pays (mais je connais ce coin de littoral comme ma poche et la plupart des criques ensablées à l'abri de son souffle rageur, qui ne parvient à y lever qu'une brise légère).

Après avoir profité sans retenue de ce cocktail balnéaire pendant deux semaines - sans Internet, sans télévision, sans journaux, sans radio, sans téléphone (mon portable n'a sonné que deux fois, une dizaine de personnes à peine connaissent mon numéro par coeur, dont je ne fais même pas partie), sans écrire une seule ligne, pas même une carte postale, et pour finir sans musique (il faut bien que mes oreilles se reposent aussi) -, je suis fin prêt pour la rentrée !

Pour ceux qui le souhaitent, rendez-vous sur ce blog dès demain ou après-demain : un article lu hier sur Google et sa Babel numérique dans le Journal du Dimanche m'a suggéré un parallèle intéressant avec des événements survenus il y a très longtemps... situons-les au premier âge de la musique en ligne. Ce sera l'objet de ma première note de rentrée.

août 15, 2005 in Hors sujet | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

11/07/2005

Lucifer et Arihman

Cet article n’a qu’un lointain rapport avec la musique, si ce n’est qu’il nous projette dans un environnement futuriste où elle aura toute sa place. C’est une note de Cyril Fievet sur son blog ZDnet qui m’a inspiré une longue digression sur les forces en présence dans le processus d’innovation. Des forces parfois antagonistes, à l’image des figures mythiques de Lucifer et Arihman, qu’il s’agit de dominer. Où il est question d’intelligence collective, d’interfaces “neurotiques”, de cerveau et de coeur.

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juillet 11, 2005 in Hors sujet | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

31/05/2005

L'Europe confisquée

Après une discussion passionnée au sujet du référendum sur la constitution européenne, il y a quelques semaines, un ami a conclu que mon discours en faveur du oui relevait de la foi et que le sien, très critique sur le fond, incarnait celui de la raison. Il venait de me retracer 50 ans de construction européenne en soulignant combien elle avait été technocratique, et à quel point elle avait été confisquée aux peuples d'Europe par leurs élites dirigeantes. Je partage complètement cette vision des choses. Je n'en persiste pas moins à penser que nous avons manqué dimanche l'occasion de favoriser la naissance d'une Europe politique, dont le citoyen se serait senti plus maître et qui aurait primé sur l'Europe économique que nous fustigeons tant. Mais nous avons choisi de bouder cette opportunité historique et de consacrer pour longtemps le règne d'une Europe purement économique, que nous jugeons trop libérale et dont nous souhaitions justement corriger les dérives. Maintenant que nous nous sommes retranchés dans notre petit village gaulois, c'est mal parti. Je ne pense pas que ce soit là une victoire de la raison. A droite comme à gauche, le non signe plutôt celle des illusionistes de la refondation sociale de la France, sur l'autel de laquelle ils viennent de sacrifier son ambition européenne.

Je respecte le choix de tous ceux qui ont voté non. Je suis même solidaire de leurs craintes, de leurs difficultés sociales et de leur désir de changement. Je dirais même mieux, je les partage, au propre comme au figuré, au même titre que leurs désillusions à l'égard de la politique à courte vue menée en France depuis trente ans. Mais j'estime qu'on nous a vendu du vent pendant cette campagne et qu'on nous a trompés. Une nouvelle fois, le débat européen vient d'être confisqué au peuple français par les élites politiques, qui l'ont ramené à un combat de coqs nationaux. Qui nous parle encore aujourd'hui de mobiliser les forces de gauche européennes pour renégocier un nouveau texte constitutionnel moins libéral, ce qu'appelaient encore de leurs voeux stériles les leaders politiques du non à la veille du scrutin ? Qui parle encore de réunir des assemblées constituantes et de rédiger une constitution faite pour les peuples et par les peuples d'Europe ? Plus personne bien sûr, car il ne s'agissait que d'une gageure. A l'heure qu'il est, la gauche européenne se trouve majoritairement désemparée par le non français, en Espagne, en Allemagne ou ailleurs. D'autant plus qu'au lendemain de cette “victoire”, plus personne en France ne se soucie d'Europe.Tout au plus concède-t-on que le processus de ratification doit se poursuivre. Mais nous avons dit non, et au fond de nous-même, nous considérons déjà que c'est l'Europe entière qui a dit non. Quelle belle leçon de démocratie... Pour la deuxième fois dans l'histoire de la construction européenne, après l'échec de la Communauté européenne de défense en 1951, la France enterre une grande idée qu'elle a elle-même portée. Depuis dimanche soir, tous les scénarios de l'après non que dresse la classe politique sont nationaux. Tel était d'ailleurs, en définitive, le véritable enjeu de la campagne du référendum, purement national, et c'est bien ce qui me désole.

Je ne vais pas m'amuser à distribuer les bons et les mauvais points, à droite comme à gauche. Les responsabilités sont nettement partagées de mon point de vue, y compris par les tenants du oui, qui n'ont pas su placer le débat à la hauteur des enjeux. Et elles pèseront lourdement sur les épaules de nos responsables politiques, de quelque bord qu'ils soient, qui ont laissé la France s'enfoncer dans une grave crise sociale et de régime, et ont confisqué un scrutin européen pour régler leurs comptes d'apothicaires, après s'être montrés tous plus impuissants les uns que les autres, depuis des lustres, face au maux dont souffrent les français. Pour toutes ces mauvaises raisons, nous venons d'ajourner, et pour longtemps, le premier grand projet politique dont était porteur le XXIième siècle. C'est avoir eu peu d'égard pour tous les espoirs que pouvaient mettre nos concitoyens européens dans cette constitution. C'est avoir eu peu d'égard également pour l'espérance de tous les peuples du monde qui attendent de l'Europe qu'elle les éclaire de ses lumières. C'est ce que retiendra l'histoire, et c'est ce qui me déçoit le plus profondément.

mai 31, 2005 in Hors sujet | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

28/05/2005

Oui !

Sincèrement, je ne pensais pas que ce blog serait le lieu pour moi de m'exprimer sur le référendum de ce dimanche. C'est d'ailleurs un peu tard, mais bon... Pendant deux mois, j'ai fait campagne pour le oui autour de moi, essentiellement auprès d'un cercle d'amis en proie à mille doutes, sans chercher à les convaincre à tout prix, mais en leur donnant suffisamment de clés pour se déterminer eux-mêmes dans l'isoloir : des arguments du non qui m'ont moi-même ébranlé dans mes convictions, et des arguments du oui qui expliquent ma détermination d'aujourd'hui à voter en faveur de ce traité. J'avais prévu de m'abstenir de parler publiquement de ce sujet. Mais je trépigne trop de ne pouvoir dénoncer ce qui m'apparait de plus en plus comme une imposture de la part des tenants du non à gauche (je ne m'intéresse absolument pas au non de droite). Aussi, en cette veille de scrutin, j'ai décidé de  me lâcher.

J'ai participé il y a une dizaine de jours à Toulouse, sur invitation d'une amie, à une réunion de quartier sur le référendum qui réunissait plusieurs dizaines de communistes, de membres d'Attac et de sympathisants du PC, où j'étais le seul représentant du oui. Tout le monde a accepté le débat et m'a répondu avec des arguments de plus en plus précis et pertinents au fil de la discussion, qui rompaient avec les déclamations pro-non abondamment applaudies en début de soirée, avant que je ne me dévoile. Tout le monde, à l'exception d'un chevènementiste extrêmement virulent - qui m'a pourri pendant une demi-heure (mais ces gens là ne veulent de toute façon pas d'une Europe politique, encore moins d'une constitution) - et d'un vieux monsieur qui s'est énervé et m'a traité de menteur lorsque j'ai invoqué l'article I-26 (qui donne la possibilité au parlement européen de voter une motion de censure contre la Commission européenne au paragraphe 8, c'est à dire de la destituer purement et simplement) et l'article III-396 (qui fait du même parlement l'instance ayant le dernier mot sur l'adoption ou non des lois et lois cadres proposées par la Commission, paragraphes 7b et12).

Je suis sorti revitalisé de cette réunion, avec le sentiment d'avoir pris part à un véritable débat démocratique, celui qui s'est instauré partout en France au sujet de ce traité constitutionnel, et qui a mobilisé l'ensemble de la population. Je me suis senti d'autant plus à l'aise avec ces sympathisants communistes que j'ai une empathie naturelle pour un grand nombre des préoccupations sociales qu'ils expriment. Sauf que je ne fais pas la même analyse qu'eux des enjeux de ce scrutin. Pour moi, ce traité constitutionnel consacre la naissance d'une Europe politique, seule à même de réguler les effets néfastes de la mondialisation, pour mieux profiter de ses bienfaits (car il en existe) et mettre l'économie au service des hommes et des femmes d'Europe.

Je suis particulièrement fier en tant qu'européen, par ailleurs, des droits constitutionnels qui sont accordés aux citoyens de l'Union dans ce texte, et d'un certain nombre d'objectifs qu'elle se fixe, comme le développement durable, le plein emploi, l'exception culturelle, l'interdiction de toute discrimination, l'égalité entre les hommes et les femmes et j'en passe. Ils sont inscrits eux aussi dans le marbre, dans les parties I et II, au même titre que la partie III tant décriée.

Je ne vais pas reprendre le chapelet des arguments du oui, que vous avez déjà entendus par ailleurs, mais je voudrais répondre à ceux qui brandissent les épouvantails de la "concurrence libre et non faussée" et de "l'économie de marché". Ces deux expressions sont utilisées comme des arguments en soi par les partisans du non à gauche, d'une manière qui me parait les galvauder ou les vider de leur sens.

Nous vivons dans une économie de marché dont l'origine remonte à la fin du moyen-âge, une économie de marché qui aujourd'hui se mondialise, mais sur le développement de laquelle se sont d'abord construits les Etats-nations, dont la France, dans un processus similaire (quoique moins policé ou démocratique) d'abandon de souveraineté par de nombreux fiefs locaux. C'est également sur cette économie de marché que s'est construite l'Europe depuis cinquante ans, et je ne considère pas que ce soit un mal en soi, même si je regrette qu'on se soit passé d'Europe politique pendant tout ce temps.

Qu'il y ait une nécessité politique de réguler les marchés, au nom notamment de préoccupations sociales, je le crois fondamentalement, et je considère que le traité constitutionnel qui nous est proposé nous donne les moyens d'exercer démocratiquement cette régulation politique à l'échelle européenne. Maintenant, s'il s'agit d'instaurer une économie d'Etat complètement dirigée, par opposition à l'économie de marché, qu'on nous le dise clairement ! En tant qu'homme de gauche européen, je ne partage pas ce projet. Il y a longtemps que j'ai dédiabolisé l'expression "économie de marché" dans mon esprit. Suis-je pour autant libéral ? au sens ultra-libéral du terme, celui que lui donne la gauche du non et qui voudrait que les marchés régulent tout ? Ma réponse est non. Je suis foncièrement libertaire, favorable à une économie de marché plutôt qu'à une économie d'Etat, mais je ne suis pas libertarian, ni pétri du rêve américain. Mon rêve à moi, il est européen.

Passons à la "concurrence libre et non faussée". Qui dit économie de marché dit concurrence. Que cette concurrence soit libre me paraît la moindre des choses. Au nom de quoi serait-elle entravée ? Au nom du niveau de protection sociale élevé que l'Europe se fixe comme objectif dans ce traité ? Je suis d'accord. Cette constitution nous le garantie et ce n'est pas la seule limitation qu'elle impose à la liberté économique. Il en est d'autres d'ordre plus politique, qui font que cette liberté économique s'arrêtera là où commence l'intérêt général. Dans ces conditions, je suis pour une "concurrence libre". Elle n'empêchera pas de mener des politiques de gauche en Europe (citoyens, aux urnes !). Et que cette concurrence soit dite "non faussée" n'est qu'une garantie que se donne l'Europe de faire barrage aux monopoles et oligopoles en tous genres, et à la perspective que des multinationales privées puissent gouverner l'ensemble des marchés et des nations.

Enfin, les partisans du non s'inquiètent de l'avenir des services publics à la française. J'y suis personnellement attaché, lorsqu'il s'agit de sécurité sociale et d'éducation, par exemple, qui ne sont pas des secteurs marchands, mais je ne suis pas opposé à ce que certains secteurs, comme les télécommunications, l'énergie, la poste ou les transports soient ouverts à la concurrence. Dans les faits, c'est d'ailleurs déjà le cas, à nos dépends mais aussi à notre avantage. Certaines entreprises publiques françaises, comme EDF, se conduisent comme de véritables prédateurs sur les marchés étrangers. C'était également le cas de France Telecom avant sa privatisation, un peu partout en Europe. Pourquoi ferait-on deux poids et deux mesures dans ce domaine ? Avec des entreprises publiques qui forcent les portes des marchés extérieurs mais revendiquent la surprotection de leur marché intérieur...

Bien sûr, la perspective de privatiser des entreprises comme EDF soulève de nombreuses inquiétudes sociales et c'est légitime. Mais il revient dans ce cas à nos gouvernements nationaux de mener des politiques adaptées pour y répondre, selon des critères dont j'estime qu'il est heureux qu'ils ne nous soient pas imposés par Bruxelles, au nom d'une harmonisation sociale qui serait nécessairement tirée vers le bas. Par ailleurs, les entreprises privées qui investiront ces secteurs publics ouverts à la concurrence seront assujetties à une obligation de service public. A nos gouvernements de la faire respecter. Je ferai remarquer par ailleurs que sans l'ouverture du secteur des télécommunications à la concurrence, le développement de l'Internet haut débit, ou celui de la téléphonie mobile, domaine dans lequel l'Europe est nettement en avance par rapport aux Etats-Unis, ne seraient pas où ils en sont.

On a beaucoup parlé également dans ce débat sur le traité constitutionnel européen des délocalisations. Pour avoir grandi dans une région qui a vécu comme un drame la fin des Trente glorieuses dans les années 70, au moment de la crise du pétrole, et dont le tissu industriel et le bassin d'emplois se sont littéralement désintégrés dans l'intervalle, je sais ce qu'on peut ressentir lorsque des dizaines voire des centaines de familles du pays sont mises sur le carreau du jour au lendemain (il s'agissait en l'occurence du Pays Cathare). Je me dis seulement que la mondialisation ne date pas d'hier, et que ceux qui nous ont gouverné depuis 30 ans auraient dû anticiper ce genre de problématiques économiques, et mener des politiques adéquates pour prévenir les dégats sociaux engendrés par ce phénomène. Je me dis aussi que cette question n'a rien à voir avec la constitution européenne. Les délocalisations ont commencé avant ce référendum et maheureusement, elles se poursuivront après et causeront encore de nombreux débats, quelle que soit l'issu du vote des 25 pays de l'Union. Agir sur cette question relève à la fois de politiques nationales et européennes. Et dans ce domaine comme dans d'autres, le traité nous donne des moyens, fussent-ils encore imparfaits, de faire primer la politique sur l'économie.

Je ne juge pas utile de m'étendre un peu plus, sauf à dénoncer pour finir ce que j'évoquais en introduction et que je considère comme une véritable imposture de gauche : celle qui voudrait nous faire croire qu'il sera possible, dès lundi, de se retrousser les manches pour renégocier une nouvelle constitution européenne. C'est pure illusion à mon sens. C'est même insensé, voire intellectuellement malhonnête. A moins de souscrire au mythe du grand soir révolutionnaire que nourrit encore l'extrême gauche. Désolé d'être brutal, mais cela relève pour moi d'une certaine immaturité politique. Adoptons ce traité et mobilisons-nous pour construire l'Europe que nous voulons en nous appropriant les institutions démocratiques dont il nous dote.

Cela dit, j'aurais préféré perdre deux ans à convaincre les allemands ou les anglais d'organiser un référendum à l'échelle européenne. Pour que les peuples européens, dont on nous parle tant et dont nous faisons partie, puissent se prononcer d'une seule voix. Si cette voix avait dit non, j'aurais compris que l'Europe n'était pas prête à éclairer le XXIième siècle de ses lumières. Et si elle avait dit oui, j'aurais dis Banco ! au boulot ! Mais quelque soit le résultat du vote de demain, j'aurai le sentiment d'un grave déficit démocratique. Et si la France dit non, j'aurai le sentiment d'un vrai gâchis, par pour nous mais pour les générations futures, pour nos enfants et nos petits-enfants. Il auront suffisamment de choses à nous reprocher pour ne pas y ajouter le fait de leur avoir fait perdre dix, quinze ou vingt ans dans la construction d'un rêve européen susceptible de d'éclairer le genre humain, dont l'avenir est aujourd'hui des plus incertain.

mai 28, 2005 in Hors sujet | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack