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21/03/2006

DADVSI : quand la France éteint ses Lumières

C’est un triste jour dans l’histoire des valeurs universelles de la France héritées des Lumières, alors qu’avec le vote probable aujourd’hui, par l’Assemblée nationale, du projet de loi DADVSI, notre pays s’apprête à abdiquer ce qui a fait toute sa grandeur, en acceptant de placer des intérêts particuliers au dessus de l’intérêt général, en érigeant la surdité, la mauvaise foi et un autoritarisme de circonstance en mode de gouvernement, en cédant aux pressions des lobbies économiques les plus puissants, en accouchant d’une législation qui ferme la porte à toute prise de risque et à toute innovation démocratique dans la définition d’un nouveau modèle de société à l’heure du numérique et d’Internet… Diderot, Rousseau et Voltaire doivent se retourner dans leur tombe.

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mars 21, 2006 in Digital Music, DRM, Industrie, Internet, Juridique | Permalink

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Commentaires

Vos cris de désolation sont assez désolants.
pas le temps d'argumenter avec vous.
Mais allez voir par là:
http://www.wired.com/news/columns/0,70461-1.html?tw=wn_story_page_next1

Rédigé par : gmt | 22 mar 2006 15:12:04

GMT, s'il est un aspect positif de cette loi, c'est bien cette disposition sur l'interopérabilité, mais la vision du rédacteur de Wired est quelque peu ingénue. C'est sous la pression de l'industrie du disque française que cette disposition a été inscrite dans le texte, qui vérouille par ailleurs le marché entre les mains de ses principaux acteurs, dont personne ne peut nier qu'il sont en situation d'oligopole.

Dans le même temps, vous pourrez constater que cette interopérabilité à la française est très encadrée, d'une manière qui vise à préserver les intérêts de cet oligopole. Ainsi donc, Virginmega pourra décompiler le DRM d'Apple et éventuellement, vendre des fichiers compatibles avec le baladeur n°1 du marché. Mais la loi ne permet pas, en revanche, de développer et de distribuer des logiciels permettant à l'utilisateur final de bénéficier des mêmes largesses. Elle punit même sévèrement cette option.

Par ailleurs,Wired aurait pu se pencher de manière tout aussi pertinente sur l'interdiction de distribuer voire même de faire la publicité de logiciels permettant d'échanger des fichiers entre particuliers, sous prétexte qu'ils peuvent être protégés par le droit d'auteur (ou plus exactement par ses droits voisins). Ainsi, un artiste qui diffuse ses oeuvres sous licence creative commun n'aura même pas le droit de fournir à ses fans l'adresse où télécharger BitTorrent afin de se procurer ses oeuvres, donc de faire la publicité de son réseau de distribution. C'est fermer clairement la porte à toute alternative au modèle industriel dominant.

Pour en revenir à l'article de Wired, sans nécessairement abonder dans le sens de la stratégie propriétaire d'Apple, je crois que le danger est bien plus grand de voir Microsoft devenir omnipotent dans le domaine des loisirs numériques, des Media Centers aux systèmes de distribution et de projection numériques qui équiperont progressivement les salles de cinéma du XXIième siècle. A ce sujet, je vous renvoie à un article de Business Week (Taking a Hard Stance on Microsoft) qui décrypte la stratégie imparable de Microsoft dans ce domaine.

Rédigé par : Philippe Astor | 22 mar 2006 15:48:51

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