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25/02/2005

Tour d'horizon de l'actualité de la semaine

Lundi 21

Suite à la publicité faite au soit-disant “hack” de Napster (voir ma note précédente), AOL a décidé de patcher automatiquement les clients Winamp déjà installés afin qu'ils ne puissent plus lire les fichiers audio Windows Media “DRM-isés”. Sans l'aval des utilisateurs ? Une nouvelle version de Winamp rétablira cette possibilité mais ne permettra plus d'enregistrer les flux audio en provenance d'Internet. Les “stream rippers” vont devoir se tourner vers un autre player MP3. Pas sûr que ce soit un bon plan marketing pour Winamp, mais je crois qu'AOL s'en soucie comme d'une guigne.

Le réseau peer-to-peer iMesh va utiliser la technologie de filtrage de la compagnie Audible Magic pour lancer une version “légale” de son service. Comme Peer Impact, Snocap et consorts, Imesh va certainement passer des accords de distribution avec les labels et distribuer leur catalogue sur son réseau. La bonne nouvelle, c'est que tous les adwares des versions précédentes vont disparaître La mauvaise, c'est que les échanges vont devenir payants. Je me pose une question, cependant : les échanges gratuits de fichiers MP3 vont-ils pouvoir se perpétuer en parallèle  ? Pas sur les contenus qui seront filtrés par Audible Magic, manifestement.

Mardi 22

Certains Podcasters américains (qui réalisent des émissions musicales au format MP3 et les distribuent en téléchargement sur Internet) disent être couverts par une nouvelle version de la licence accordée par l'ASCAP¨(American Society of Authors, Composers and Publishers) aux sites et services Internet non-interactifs. Effectivement, l'ASCAP dit que sa licence s'applique au “pod-casting”. Mais elle ne semble pas vraiment savoir de quoi elle parle. Le texte même de cette licence interdit en effet “de reproduire, copier ou distribuer par quelque moyen que ce soit, une quelconque composition musicale licenciée par cet accord, y compris [...] de la transférer ou de la télécharger sur un disque dur d’ordinateur [...] ou n’importe quel autre support de stockage”. Dans les faits, elle ne couvre donc pas le podcasting. Il serait d'ailleurs temps de se pencher sur le type de licence à accorder à ce nouveau média radiophonique Tivo-like.

La compagnie Sigmatel, qui fournit les composants audio du baladeur iPod mini d'Apple, profite à plein du boum de la “iPod economy”. Son cours en bourse a double en l'espace de quelques mois et son chiffre d'affaires devrait doubler en 2005, estime un analyste de CIBS Worldmarkets, à hauteur de 400 millions de dollars. A noter que cette jeune start-up texanne entièrement “fabless” (elle sous-traite toute sa fabrication) détient les deux tiers du marché des composants audio sur les baladeurs à mémoire flash.

Mercredi 23

Le nouvel iPod mini d'Apple affichera la couleur, prédisait le site ThinkSecret, qui s'est fait une spécialité d'annoncer les nouveaux produits d'Apple avant Apple. Déception ! S'il troque bien son disque Hitachi de 4 Go contre un disque Seagate de 6 Go plus résistant à des conditions d'écoute extrêmes, il n'a pas revêtu l'écran couleur TFT à matrice active dont rêvait ThinkSecret. Nombre de ses concurrents ont pourtant déjà franchi le pas, dont Rio, iRiver, Creative et Samsung. Et le prix des petits écrans TFT à matrice active a baissé considérablement au fil des derniers mois. Apple ne devrait pas tarder à suivre, d'autant que les fabricants de téléphones mobiles vont bientôt rentrer en force sur le marché des baladeurs musicaux, avec des combinés dotés de capacités de stockage étendues, de fonctions musicales, d'une connectique sans fil Wi-fi ou Bluethooh... et d'écrans couleur.

Le label Yahoo Music, lancé à grand renfort de communication la semaine dernière et qui doit réunir sous sa bannière tous les services de musique en ligne du portail Internet, a accouché d'une souris cette semaine : le lancement au Japon d'un service de téléchargement Yahoo Music qui se contente de relayer l'offre déjà existante de Label Gates, un consortium de majors et de labels emmené par Sony Music. Avec son catalogue de 73 000 titres vendus entre 160 et 370 yens (1,5 à 3,5 dollars), le tandem Yahoo Music/LabelGates aura du mal à rivaliser avec les services de location de CD & DVD bon marché qui pullulent au Japon, et qui représentent, selon Okasan Securities, un chiffre d'affaires de plusieurs “trillions” de yens.

21 millions de dollars, c'est le total de la rémunération perçue par les cinq principaux dirigeants de Warner Music au cours des dix mois qui ont suivi le rachat de la maison de disques à Times Warner par un groupe d'investisseurs privés, pour 2,6 milliards de dollars. C'est trois fois plus que le bénéfice opérationnel dégagé par Warner Music sur la période. Le président, Edgar Bronfman Jr, a touché un million de dollars en salaires et 5,25 millions en bonus divers. Même package pour Lyor Cohen, qui dirige Warner Music US. Parmi ces heureux élus figure un français, Paul René Albertini, qui est à la tête de toutes les opérations internationales du groupe. Salaires et bonus compris, il a perçu 4,75 millions de dollars. Belle compensation pour ce trio de tête de Warner Music, qui est quand même parvenu à licencier 1600 personnes au cours de ces mêmes 10 mois, et à réduire les coûts de fonctionnement de 250 millions de dollars.

Jeudi 24

Une firme de capital-risque britannique, Ingenious Media, est en train de lever un fond de 20 millions de livres  pour investir dans le développement de nouveaux talents musicaux en Angleterre et à l'international. Ingenious Media, qui a servi de conseiller financier dans le deal mirifique entre le chanteur Robbie Williams et la maison de disque EMI, a déjà investi dans des start-up musicales comme l'éditeur Stage Three Music ou le label de dance Cream. Le business de la musique et les perspectives que lui ouvrent la dématérialisation sont manifestement un nouveau créneau porteur en matière de capital-risque.

De son côté, l'AIM (Association of Indepent Music), qui représente les labels indépendants anglais, organise des rencontres entre labels et business angels ou fonds de capital risque au cours de ses journées 'Big Wednesday”, des séries d'ateliers, de séminaires et de séances de networking qui se déroulent tout au long de l'année. Les nouvelles perspectives de croissance du business de la musique amènent les acteurs indépendants du secteur à se tourner vers des modes de financement d’entreprises de croissance mieux adaptés à leurs besoins, et similaires à ceux des start-up de l’ère Internet. Au cours de récents Big Wednesday, les labels anglais ont pu rencontrer toute une variété d’investisseurs potentiels. Cette initiative de l’AIM, qui rappellent les fameux First Thursday de l'ère des dotcoms, intervient au moment où des fonds substantiels sont levés pour des investissements ou des acquisitions dans le secteur de la musique.

Après Eminem, U2, Beck et j'en passe, c'est au tour du rappeur américain 50 Cent de voir les 22 titres de son prochain album, “The Massacre”, circuler sur les réseaux P2P et sur certains canaux IRC, alors que sa sortie n'est programmée que le 8 mars prochain.

Vendredi 25

Sous la pression de l'industrie du disque mondiale, la police moscovite a mené une investigation sur le site de téléchargement russe Allofmp3.com, qui vend un catalogue de 300 000 titres à 20 cts l'unité. Elle en a conclu que son activité était illégale, bien que le site bénéficie d'une licence de la part dune société d'auteurs locale. Le procureur de Moscou a un mois pour décider de lancer ou non une action en justice contre le site, qui est la première audience musicale sur le Web russe, devant Mp3search.ru. 

La compagnie Wurld Media, qui s'apprête à lancer le service P2P légal Peer Impact, a annoncé la signature d'un accord de distribution avec EMI. C'est la 4ième major à signer avec Peer Impact, après Sony BMG, Universal Music et Warner Music. La compagnie discute également avec de nombreux labels indépendants.

Le consortium Coral, qui réunit plusieurs géants de l'électronique grand public dans l'objectif de parvenir à une intéropérabilité des systèmes de DRM, a annoncé que la première version 1.0 de ses spécifications serait publiée au mois de mars prochain, ainsi que le recrutement de 11 nouveaux membres, dont Universal Music, Sony BMG et l'IFPI.

Le cabinet d'études Digital Tech Consulting estime dans une étude que le marché de la protection des contenus représentera un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros à l'horizon 2009. Selon ses estimations, il était de 347 millions d'euros en 2003, de 453 millions en 2004 et atteindra 701 millions d'euros en 2005.

février 25, 2005 in News Digest | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

17/02/2005

Quand Steve Jobs joue la carte de la désinformation contre Napster

Ainsi donc, une bande de hackers serait parvenue à casser la protection des fichiers audio temporaires téléchargés via le service de musique en ligne sur abonnement Napster. La belle affaire, reprise en coeur par les médias du monde entier ! En réalité, on ne fait pas mieux en terme de non information, voire de désinformation. Ainsi, le Los Angeles Times nous apprend, dans son édition d'hier, que l'on doit à Steve Jobs, patron d'Apple, d'avoir orchestré tout ce buzz autour des supposées failles de sécurité de Napster, en adressant aux responsables des principaux labels américains un e-mail de mise en garde, renvoyant sur un article du site Tech-Recipes, qui explique comment réaliser des copies non protégées des fichiers téléchargés chez son concurrent. Serait-il à cour d'arguments face à la campagne de publicité comparative lancée par Napster, au point de n'avoir pour seul recours que de tenter de semer le trouble dans ses relations avec les labels ? [...]

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février 17, 2005 in Digital Music, DRM, Industrie | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

16/02/2005

Les bootleggers s'en prennent à Chemical Brother

Les Chemical Brothers sont le dernier groupe de la scène électronique à avoir fait l'objet d'un remix non-officiel par des DJ undergrounds britanniques.  Celui de leur dernier album, “Push the Button”, circulait déjà sur Internet le jour même de la sortie officielle du disque fin janvier, sous le titre “Flip the Switch”. C'est la même bande de DJ qui revendique le remix non-officiel de l'album “Music For the Jilted Generation” de Prodigy, sorti il y a dix ans. Il est apparu sur Internet en novembre dernier, sous le titre “Music For the Bootleg Generation”, mais est aujourd'hui introuvable. Avant même sa sortie, le dernier Prodigy, “Always Outnumbered, Never Outgunned”, avait lui aussi son remix sur le réseau, sous le titre “Always Outsiders, Never Outdone”. En matière de bootlegs distribués sur Internet par des DJ, le premier grand précédent date déjà d'un an. En février 2004, plus de 170 sites proposaient en téléchargement le remix effectué par DJ Mouse du “Black Album” de Jay-Z et du “White Album” des Beatles, qui a abouti au fameux “Grey Album”.  Il circule aussi un remix de l'album “Revolved” des Beatles paru en 1966.

février 16, 2005 in Artistes, Peer-to-peer, Rock Altitude | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

11/02/2005

Michael Robertson, ou le “vieux” rêve libertaire d'Internet

La musique et Internet ont déjà rapporté 372 millions de dollars à Michael Robertson, lors de la vente de Mp3.com à Vivendi Universal en 2001. Et l'homme est plutôt du genre à investir son argent dans des causes qui lui tiennent à coeur. Il a surtout une conviction : Internet peut et doit faire tomber tous les monopoles. Chez lui, c'est une véritable obsession, comme en témoigne son engagement dans Linspire (ex-Lindows), compagnie qu'il a créée pour contrer la toute puissance de Microsoft et concurrencer son système d'exploitation Windows. Michael Robertson croit en sa bonne étoile. Il y croyait déjà à juste titre lorsqu'il a lancé Mp3.com en 1997. A son apogée, le site attirait plusieurs millions de visiteurs uniques par jour, exposant des milliers d'artistes indépendants et autoproduits sur Internet. Avec le lancement de Mp3tunes, Robertson met de nouveau un pied dans la musique en ligne et s'apprête à relever un vrai défi : montrer que ce qui a fait le succès d'audience de Mp3.com peut déboucher sur une activité de distribution rentable et offrir une alternative crédible aux artistes et aux labels, en dehors du circuit des majors [...]

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(Tribune libre publiée dans sa version originale dans Music Reporter n°59)

février 11, 2005 in Digital Music, Industrie | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

08/02/2005

Bruno Lion répond à la “campagne démago-jeuniste” de l’Obs

Le manifeste “Nous sommes tous des pirates” publié par le Nouvel Observateur aura au moins eu le mérite de déclencher enfin un vrai débat de fond sur l’avenir du droit d’auteur à l’ère d’Internet. En témoigne la tribune libre publiée hier par Bruno Lion, gérant de l’éditeur Peer Music Semi Meridian, en réaction à ce manifeste, dans la newsletter Music Reporter. “Dommage que votre campagne sur un vrai sujet soit aussi réductrice, irresponsable, et même irrespectueuse des artistes", attaque-t-il. “Si le texte de votre « Appel » rappelle le bien fondé des droits d’auteurs, nulle part votre article ne juge utile de le faire. Vous instruisez à charge, en vous contentant du petit bout de la lorgnette", regrette-t-il.

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février 8, 2005 in Industrie, Peer-to-peer | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

04/02/2005

Droit d'auteur contre liberté de la presse

Sera-t-il bientôt interdit d’expliquer dans un article de presse que le meilleur moyen de copier des titres de musique achetés sur iTunes Music Store sur un autre baladeur que le iPod d’Apple est de les graver d’abord sur un CD, de “ripper” ensuite ce dernier pour les convertir au format MP3, et de procéder enfin à leur transfert ? A quelques semaines de la transposition, dans la législation française, de la directive européenne sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information, c’est la question qu’on peut se poser. Ainsi en Allemagne, où cette transposition a déjà eu lieu, l’industrie du disque menace de poursuites judiciaires le site d’information Heise Online s’il ne retire pas d’un de ses articles le lien qui pointe vers un autre site, Slysoft.com, proposant des logiciels qui permettent de copier des DVD du commerce à des fins de sauvegarde.

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février 4, 2005 in Digital Music, Industrie, Juridique | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

03/02/2005

P2P : premier cas de justice pour l’exemple en France

Il en coûtera au bas mot environ 15 000 € à Alexis B., 28 ans, pour avoir mis à disposition plus de 10 000 fichiers MP3 sur les réseaux P2P et pour les 185 CD-R gravés retrouvés chez lui par les gendarmes lors d’une perquisition, au mois d’août dernier. La SPPF (Société des producteurs de phonogrammes français, qui représente les labels indépendants) a annoncé hier après-midi dans un communiqué s’être vue attribué 1200 € de dommages et intérêts. Les dédommagements que le Tribunal correctionnel de Pontoise a demandé à Alexis de payer aux autres parties civiles s’élèvent à 3000 € pour la SCPP (Société civile des producteurs de phonogrammes) et autant pour la Sacem (droits d’auteur) et la SDRM (droits de reproduction mécanique). Alexis devra également prendre à sa charge la publication du jugement dans deux quotidiens (Liberation et Le Parisien) pour un coût de 3000 €. S’ajoute à cela 800 € de frais de justice à reverser à la Sacem. La note est salée, et encore l’addition n’est-elle probablement pas terminée [...]

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février 3, 2005 in Industrie, Juridique, Peer-to-peer | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

01/02/2005

Quand les chiffres du SNEP se mettent à parler tout seuls

Vous l’avez peut-être déjà lu dans la presse la semaine dernière, le marché du disque français a baissé de 14,3 % en valeur l’an dernier et de 10,2 % en volume. Mais si l’industrie a connu une très forte dégradation de son chiffre d’affaires au premier semestre 2004 (-22 %), la tendance baissière s’est ralentie sur les six derniers mois de l’année (-7,3 %). Une inflexion déjà perceptible au 3ième trimestre, au cours duquel la baisse des ventes de gros (livraisons aux détaillants) n’a été “que” de 12 %. Elle n’était plus que de 5 % au 4ième trimestre. Ce que j’ai moins vu relaté, c’est que les ventes de musique ont progressé sur les deux derniers mois de l’année, enregistrant une hausse de 6 % en novembre par rapport à 2003, et de 9 % en décembre. De là à parler de reprise, c’est un peu prématuré, estime le SNEP (Syndicat national des éditeurs de phonogrammes) [...]

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février 1, 2005 in Industrie, Médias | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack