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30 avril 2007

Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il en train de perdre l'élection présidentielle ?

Citoyen Nicolas Sarkozy est en train de perdre l'élection présidentielle, c'est ma conviction profonde. Son paquebot de campagne, tel le Titanic, vient de heurter un iceberg et de s'abîmer en mer. Le naufrage final n'est plus qu'une question de jours.

Contre toute attente, et avec un certain brio politique, Ségolène Royal et François Bayrou sont en passe de faire la démonstration qu'il est possible de réunir une large majorité au centre dans notre pays, une nouvelle majorité porteuse d'une véritable refondation démocratique de nos institutions, et d'un nouveau projet politique à même de propulser la France au coeur de la modernité et du XXIième siècle, en en faisant profiter tous les Français.

C'est une révolution douce (orange ?) qui s'annonce, un grand soir électoral qui se prépare ! Le 6 mai 2007 fera date dans l'histoire de nos institutions.

La face immergée de l'iceberg sur lequel vient de se planter Sarkozy, cet improbable rapprochement tectonique entre la gauche et le centre, qui englobe beaucoup plus de sensibilités et de tendances politiques que ses lieutenants ne veulent bien le reconnaître (Verts et trotskystes, libéraux et anti-libéraux, libertaires et démocrates-chrétiens, radicaux et réformistes, prêts à dénouer l'écheveau de leurs liens partisans et à renouer le dialogue), augure d'un nouveau souffle, d'un véritable changement dans notre pays, d'une véritable libération de la vie politique française.

Il faut se sentir propulsé par une telle vague pour afficher la gaîté, la sérénité, la confiance et la décontraction qui sont celles de Ségolène Royal aujourd'hui, à la veille du débat du second tour, et qui sont aussi celles de François Bayrou : deux larrons en foire qui viennent de jouer un tour pendable à un candidat de droite arc-bouté sur sa propriété foncière : un score record de 30 % au premier tour, essai dont la transformation en victoire finale s'avère pourtant de plus en plus improbable de jour en jour.

Nicolas Sarkozy sera le premier candidat de la droite française à enregistrer un aussi haut score au premier tour de l'élection présidentielle sans toutefois parvenir à se faire élire au second tour.

Tsunami politique

La France de Sarkozy prend l'eau de toute part. Ses lieutenants politiques font soudain preuve de la même nervosité que lui, ils adoptent les mêmes tics, s'égarent soudain dans le mensonge et s'enferment dans la dénégation, pataugent de plus en plus dans le bilan désastreux des douze années de prébande et de clientélisme politiques qui s'achèvent, cachent de plus en plus mal leur désarroi face à la révélation qui les frappe : ils n'ont jamais été aussi prêts d'atteindre leur objectif, mais ils sont pourtant bel et bien en train de perdre cette élection présidentielle.

La cohorte de VIP qui s'est pressée à Bercy dimanche dernier, au dernier congrès du candidat Sarkozy, ne changera rien à l'affaire. Une belle brochette de has been, de nostalgiques des années fric, de oldies de la représentation française, qui affichent un sarkozysme faussement décompléxé, toute honte bue d'avoir renoncé aux belles idées de gauche qui furent les leurs à une certaine époque, pour la plupart d'entre eux.

L'erreur fondamentale de Sarkozy est d'avoir pris la majorité des Français pour des boeufs qu'on peut faire marcher à la baguette. D'avoir imaginé pouvoir confisquer tous les pouvoirs et pouvoir imposer ensuite d'en haut, sans que plus aucune discussion ou concertation ne soit possible, un programme fait de bric et de broc, mi-libéral, mi-interventioniste, mi -européen, mi-nationaliste, mi-autoritaire mi-paternaliste, fortement marqué par une absence totale de vision à long terme, et par le souci de préserver un certain nombre d'intérêts particuliers supposés incarner l'intérêt général.

Sarkozy ne s'embarasse pas de la complexité du monde. Le mouvement de fond démocratique qui va le balayer le 6 mai prochain, au contraire, embrasse cette complexité. Cette vague de fond qui se lève, ce tsunami politique qui se prépare, promet de redonner des couleurs vives à la France, et à l'Europe toute entière.

La France s'apprête à élire une femme présidente, à rénover profondément sa vie politique, à abattre tous les murs qui empêchent la société française de respirer et de s'épanouir. Cette France du 6 mai 2007 aura beaucoup plus de chances de se faire entendre dans le concert des nations, parce qu'elle sera portée par de nouvelles forces démocratiques et de nouvelles valeurs, par cette nouvelle modernité politique dont le XXIième siècle sera le précurseur.

C'est une France des Lumières qui est en train de renaître. Alors, vive le XXIième siècle ! Vive la France ! Vive la République ! Vive sa future présidente !

18 avril 2007

Culture, cette grande absente de la campagne présidentielle

A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, force est de constater que la culture est une des grandes absentes de la campagne. Chaque candidat y est allé de son discours ou de ses déclarations publiques, mais le vrai débat, celui qui porte sur les enjeux de la culture, de sa diversité et de son industrie à l’heure de la mondialisation et de la société de l’information, n’a pas vraiment eu lieu.

Lire la suite de "Culture, cette grande absente de la campagne présidentielle"

06 avril 2007

La rhétorique de Sarkozy décryptée

Excellente opération de décryptage de la réthorique sarkozienne depuis le début de la campagne.

Les autres épisodes : Partie 2 - Partie 3 - Partie 4

Mon commentaire : D'abord, plus le premier tour approche, plus Sarkozy force le trait, plus il se caricature lui-même, et plus cette caricature se rapproche de la figure présidentielle qu'il promet d'incarner. Je ne crains pas de dire, comme le prêtre interviewé dans la première partie du documentaire, que son discours a des relans de néo-pétainisme. Je le pense même très sincèrement.

Quand j'entends Sarkozy dire : "si vous n'aimez pas la France, quittez-là" ou "si vous ne voulez pas subir ses lois, quittez la France" - c'est ce que font d'ailleurs un certain nombre de contribuables parmi lesquels on compte peu de chômeurs ou de RMistes -, je n'entends qu'une chose : "si vous ne m'aimez pas, quittez la France".

M. Sarkozy n'a pas le monopole de la France, et jusqu'à preuve du contraire, il n'incarne pas la France à lui tout seul, pas plus que vous et moi. Non, je n'aime pas la France dont Sarkozy grossit le trait dans ses discours, et pour autant, je n'ai aucune intention de quitter la France.

J'aime la République, j'aime le travail, j'aime l'esprit d'entreprise, mais j'aime aussi l'esprit de solidarité, d'entraide, de partage et je pense que la France qui incarne cet esprit-là, M. Sarkozy ne l'aime pas. Alors qu'il l'a quitte ? Je n'irai pas jusque là. Dans la France que j'aime, il y a aussi une place pour le citoyen Sarkozy.

Je ne suis pas sûr, en revanche, qu'il y ait une place pour tous les Français dans la France de Sarkozy. Je suis même convaincu du contraire.

05 avril 2007

VIième République : petite explication de texte en vidéo

Fervent partisan, aux côtés d'Arnaud Montebourg, de la VIe République, Bastien François, professeur de Sciences politiques à la Sorbonne, juge pour Marianne2007.info les propositions institutionnelles des candidats.

Mon commentaire : D'accord pour considérer, avec le peu d'éléments dont je dispose dans ma petite tête sur le sujet, que Sarko c'est la Vième en pire. Bayrou aussi ? C'est possible. Il y a une certaine contradiction entre cette volonté d'ouverture, de participation, de démocratie plus directe qu'il véhicule et la volonté de toute puissance qu'on lui prête.

Cette semaine je ne suis convaincu par personne. Plus le premier tour se rapproche, plus la confusion s'installe. C'est qu'aucun candidat, tous noyés qu'ils sont depuis des semaines dans leur réthorique de campagne, n'a su faire émerger une vraie vision et un vrai projet pour la France.

Sur la question de la réforme institutionnelle que nous sommes nombreux à appeler de nos voeux, Ségolène Royal ne me convainc pas plus que Bayrou. Exiger d'un président ou d'un gouvernement qu'il quitte le pouvoir à l'issue d'un référendum qui désavouerait telle ou telle de ses propositions, c'est le meilleur moyen de ne jamais avoir de référendum du tout, sur quelque sujet que ce soit, par crainte du désaveu qui pourrait en résulter. Ce serait également un moyen d'introduire une bonne dose d'instabilité dans le gouvernement de la France.

Donc, pas très convaincants les zozos favoris du premier tour sur cette question. C'est pas à eux que je vais laisser le soin de réécrire la Constitution française ! Et d'ailleurs, comme l'ont rappelé les tenants du non au TCE, dont je n'étais pas mais sur ce point je suis d'accord avec eux : qui dit Constitution dit assemblée constituante.

En clair, c'est aux Français de réécrire la nouvelle Constitution eux-mêmes, ou pour le moins d'être invités à débattre de la manière de la réécrire. Comme si on était déjà dans la VIième République, en quelque sorte...