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22 mars 2007

Scénarios du second tour

Gargouille_02_le_penseur Réservons tout ce qui relève de la stratégie électorale aux candidats à l'élection présidentielle et préoccupons-nous plutôt, en tant qu'électeurs, de stratégie "électrice".

La campagne du premier tour masque d'un véritable écran de fumée l'enjeu de cette élection qui est tout simplement de désigner en trois temps (premier tour, deuxième tour, législatives) et non pas en un seul, ceux que nous souhaitons voir gouverner la France au cours des cinq ans à venir.

Pour ma part, entre perméabilité au discours de Bayrou et souci de laisser à la gauche une chance de rompre avec ses archaïsmes et de se moderniser, possibilité qu'incarne à mon avis Ségolène Royal, je reste pour l'instant dans une totale indécision, au demeurant parfaitement assumée, pour ce qui est du choix du bulletin que je glisserai dans l'urne au premier tour.

Je ne suis pas du tout indécis, en revanche, pour ce qui est savoir qui je souhaiterais voir gouverner la France à l'avenir. Je n'ai jamais caché mon "cohn-benditisme" et suis plutôt réceptif à cette idée lancée par le député européen d'une alliance entre le PS, les Verts et l'UDF. Je ne suis pas encore totalement convaincu, cependant, qu'élire Ségolène Royal serait le meilleur moyen de porter ce genre d'alliance au pouvoir, ni qu'élire François Bayrou serait plus efficace pour atteindre cet objectif. D'où précisemment mon indécision, même si j'ai fait part dans un précédent billet de mes velléités de retour au bercail de la gauche.

Aussi est-il grand temps, à mon avis, de se pencher sur les scénarios possibles du second tour. Le pire d'entre eux, de mon point de vue, serait un ticket Sarkozy-Le Pen, qu'il serait hasardeux d'exclure totalement. Je m'interdis cependant d'imaginer le pire. Disons simplement que dans cette hypothèse, je suis fermement déterminé, cette fois-ci, à ne voter ni pour l'un ni pour l'autre. Il adviendra ce qu'il adviendra.

Le ticket Sarko-Bayrou

Ce n'est pas le pire des scénarios mais ce n'est pas non plus le moins pire, puisqu'on se trouverait avec deux candidats marqués à droite au second tour, ce qui serait une véritable bérézina pour la gauche, à laquelle j'aurais du mal à me résoudre. Dans cette hypothèse, je voterais sans hésitation pour Bayrou contre Sarkozy. Mais sans aucune illusion.

Car si Bayrou était élu, il se trouverait face à une quadrature du cercle impossible à résoudre. D'une part, il devrait pour une grande part son élection à la gauche, qui se mobiliserait probablement en sa faveur contre Sarkozy, au moins en partie, ce qui devrait le renforcer dans sa volonté de faire plutôt alliance avec elle.

Mais d'autre part, il serait élu dans un France marquée majoritairement à droite, puisqu'elle aurait porté deux candidats de droite au second tour, ce qui devrait amener tout aussi logiquement Bayrou à composer largement avec la droite, d'autant que les Français éliraient probablement une majorité de droite à l'Assemblée dans la foulée.

En l'absence de la moindre dose de proportionnelle aux élections législatives, il n'y a en effet aucune chance qu'une forte mobilisation des deux gauches, libérale et anti-libérale, ne parvienne à faire la différence.

Enfin, rien ne permet d'exclure qu'au final Sarkozy ne l'emporte, ce que je ne souhaite pas. Je n'ai aucune animosité personnelle envers l'homme, que j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer subrepticement. Mais je me méfie de son ambition personnelle et je n'adhère ni à son discours simplificateur, ni à son programme.

Le ticket Sarko-Ségo

Ce n'est pas vraiment un scénario qui m'enchante, dans la mesure où l'on se retrouverait dans la configuration habituelle du second tour des élections présidentielles en France (à l'exception notable de ce qui s'est passé en 2002), ce qui n'est pas vraiment porteur de changement ni d'un "recentrage" intelligent de la politique menée alternativement depuis trente ans par la gauche et par la droite.

Au demeurant, le risque que Nicolas Sarkozy ne l'emporte serait toujours patent. Nous assisterions par ailleurs au même débat caricatural que d'habitude, avec une opposition frontale entre la droite et la gauche qui verrait le vainqueur se tourner exclusivement vers sa propre famille politique pour gouverner.

Les grands gagnants d'une telle bataille électorale seraient à n'en pas douter la démagogie et la langue de bois, domaines dans lesquels chacun des candidats devrait exceller, qui pour séduire à la fois les bayrouistes de droite et les électeurs de Le Pen au premier tour, qui pour réussir le même grand écart entre promesses électorales faites aux bayrouistes de gauche et aux anti-libéraux de tout acabit.

Dans ce cas de figure, je voterais néanmoins sans hésitation pour Ségolène Royal au second tour. Mais là aussi sans aucune illusion. Car ce serait signer le retour de tout un troupeau d'éléphants du PS au pouvoir en cas de victoire de la candidate, ce qui rendrait très vite inapplicable son programme, quelque soit sa cohérence et sa consistance.

Bien sûr, les législatives pourraient changer la donne, dans la mesure où l'UDF pourrait obtenir suffisamment de sièges pour faire basculer à loisir la majorité de l'Assemblée d'un côté ou de l'autre. Sauf qu'une majorité de députés UDF devra son élection à une alliance avec l'UMP et sera beaucoup plus marquée à droite que Bayrou lui-même. Au final, cela ne fera que renforcer l'emprise qu'auront les éléphants du PS sur la présidente.

Le ticket Bayrou-Ségo

A plusieurs titres, ce pourrait être la configuration idéale du second tour de l'élection présidentielle. Sauf qu'elle va opposer les deux candidats que je souhaiterais justement voir se rapprocher. Or chacun d'eux va devoir se démarquer fortement de l'autre pour conserver ses chances de l'emporter, Bayrou en ratissant large sur sa droite et Royal sur sa gauche.

Ils vont devoir forcer le trait l'un et l'autre et n'arboreront plus du tout le même visage qu'au premier tour. L'originalité de leur message en sera d'autant plus brouillée.

Si Bayrou est élu, il le sera par la droite, avec laquelle il devra composer pour gouverner. Si Royal est élue, elle le sera par la gauche, y compris par sa frange la plus anti-libérale, à laquelle elle aura nécessairement dû donner des gages et devra donc rendre des comptes.

Ainsi l'élection de l'un face à l'autre rendrait d'autant plus difficile un rapprochement entre les deux et empêcherait toute émergence d'une majorité au centre, que ce soit au second tour ou lors des législatives, pour lesquelles chacun devrait contracter des alliances qui l'engagerait. Tout cela est finalement assez paradoxal.

Les tickets Ségo-Le Pen et Bayrou-Le Pen

Ce sont malheureusement les deux seules configurations qui permettraient à Royal ou à Bayrou de bénéficier d'une large majorité présidentielle (comme Chirac en 2002) et de constituer un gouvernement d'union nationale qui aurait toute légitimité (au contraire de Chirac en 2002).

En cas de victoire, Ségolène pourrait rabaisser le caquet des éléphants du PS au nom des nombreux suffrages qu'elle aura reçu de la droite, et Bayrou celui des sarkozystes au nom de tous ceux qu'il aura reçus de la gauche.

Il y a quand même une différence entre ces deux tickets : rien ne dit, en effet, que le report des voix sarkozystes sera aussi massif en faveur de Ségolène, si le second tour l'oppose à Le Pen, que ne le fut celui de la gauche en faveur de Chirac en 2002. De là à penser que Le Pen puisse être élu...

Cela pourrait conduire les esprits simples qui, comme moi, sont tentés par une "révolution" centriste et risquent d'hésiter jusqu'au dernier moment à choisir entre Ségolène et François, à opter pour Bayrou au premier tour. Sauf que ce serait courir le risque de se retrouver avec un ticket Bayrou-Sarko au deuxième tour, ce dont j'ai souligné plus haut l'inconvénient.

Je pensais que l'analyse de ces différents scénarios du second tour m'aiderait à me déterminer. Je constate qu'il n'en est rien. Heureusement que Bové a réuni ses 500 signatures. J'aurai toujours le choix entre jouer avec le feu et voter inutile.

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Voici les sites qui parlent de Scénarios du second tour:

Commentaires

A mon avis d'électeur de gauche modéré, le scénario le plus rose (si j'ose dire) serait bien un second tour opposant Sarkozy à Bayrou.

Je passe rapidement sur le traumatisme affreux que constituerait l'élimination du Parti socialiste. Nous avons déjà vécu ça il y a cinq ans et nous n'en sommes quand même pas morts. Ça pourrait me faire de la peine si j'avais le sentiment que "le PS" et "la gauche" sont des termes synonymes, mais ça fait un certain temps que je n'y crois plus. La désignation comme candidate de la madone du blairisme et de l'encadrement militaire pour les mômes ne m'a pas vraiment rendu les illusions que j'avais déjà perdues là-dessus.

Après tout, si le PS est éliminé, ce ne sera pas la faute de ses traîtres d'électeurs, mais bien la sienne à lui, qui s'est avec application refusé à choisir une ligne politique claire. La synthèse au dernier congrès était une vaste fumisterie, pourtant adoptée à la quasi-unanimité. Si cette bande de faux culs est éliminée du second tour, elle ne l'aura pas volé et ça lui fera les pieds. N'était la crainte des conséquences de l'élection de leurs adversaires, l'élimination du PS aurait même tout pour me remplir de joie.

Bayrou contre Sarko, ce serait la droite modérée essayant de faire croire qu'elle est un peu de gauche contre la droite agressive n'hésitant pas à chasser sur les terres du Front national. Bref, ce ne serait pas bonnet blanc-blanc bonnet. Ça le serait d'autant moins que pour se différencier Bayrou ne pourrait manquer de cogner sur Sarko et de draguer l'électorat de gauche.

Il pourrait parfaitement être élu sur ce positionnement-là (beaucoup plus facilement que Ségolène, d'ailleurs)... et le maintiendrait donc pour les législatives afin d'engranger un maximum de députés à sa dévotion.

Il en résulterait une chambre de droite, mais sensiblement moins UMP que celle dont disposait Chirac. Si cette chambre vote par tactique un retour partiel ou total à la proportionnelle (il y aurait a priori une majorité UDF-PS sur ce sujet-là)... eh bien Bayrou aurait réussi son coup, et l'UDF serait installée à une position de stratégique lui permettant de gouverner tantôt à droite, tantôt à gauche, dans presque toutes les majorités futures. Globalement, les positions de droite modérée (qui sont, de fait, majoritaires dans l'opinion) marqueraient tous les futurs gouvernements.

Ce serait en partie le retour à la IVe République -- qui n'est pas du tout l'abomination de la désolation. Accessoirement, ça forcerait le PS à se montrer clairement de gauche pour se différencier et infléchir à gauche une politique globalement de centre droit. A mon avis, c'est ce qu'un électeur de gauche modérée peut espérer de moins mauvais.

Ce sera ça, ou Sarkozy, ou le mélange bâtard, droitier et incohérent (plus droitier qu'incohérent) de blairisme et d'irresponsabilité auquel il faut s'attendre avec Ségolène.

Bref, à mon sens, Bayrou constitue le moins mauvais choix. Il n'est pas bon... mais c'est de loin le moins mauvais.

La Hierarchie PS a souvent montré son inefficacité en terme de réponse par les gens de gauche.
Le bilan du PS n'est pas rose du tout. C'est une machine ancienne toute en cacophonie et en querelles internes. On y retrouve les vieilles peaux, toujours accrochés comme des sangsues au pouvoir.
"faites ce que je dis, mais pas ce que je fais".
Moi qui suis un homme de gauche, je suis profondement déçu par le PS, qui n'a plus de socialiste que le nom, et qui me semble un traitre à la pensée socialiste. Ce n'est devenu qu'une machine démagogique. Franchement, les débats participatifs, c'est de la poudre aux yeux. Ca marche en temps de campagne, mais je n'arrive pas à imaginer une telle chose en temps normal. Le coup de fonctionnement serait tellement elevée. On ne peut avoir des bénévoles 24h/24 qui gerent ça.
La renaissance d'un PS de qualité devra se faire grâce à la mort de cette cacicature honteuse qu'est l'actuel.

De l'autre coté, Bayrou semble intéressant. Un mec qui a vraiment connu le monde agricole, les villages, puis les grandes villes, qui a été prof. Et au moins, lui semble honnete. Venant de la droite modérée, il a montré son courage, de se detacher de la pieuvre UMP, appeler à voter contre les privatisations, a voter la censure contre le gouvernement, quitte à perdre quasiment la moitié des membres de son parti.
Ce mec est rafraichissant, il a un petit parti qui se bat, qui a de l'energie à revendre, qui a une haute idée des valeurs de notre pays. Là, il y a une opportunité de rénovation, de changement.
S'il a une chance assenir la politique française, complementement devoyé par les petits arrangements entre amis, je pense qu'on peut essayer.

On a donné leur chance aux autres, je pense que lui mérite bien sa chance.

Je pense même que le PS ne pourra renaitre que du flanc gauche de L'UDF, mixé avec les verts.
Le PS n'a pas les moyens ni la volonté de se reformer tout seul. Il doit mourrir pour renaitre.

internet respublica 402 du 01 12 2005 édouard boeglin cite ainsi pierre joxe affirmant que"le statut alsacien-mosellan en matière des cultes était un exemple pour la france entière!cout annuel 37 millions d'euros ((noncompris)) la récente rénumération de la curaille "musulmane implantée dans cette région bénie de "tous les dieux" L'Islam n'étant pas sous le "joug" du Vatican exgigera l'extension de ce privilège a toutes ses mosquées et nouvelles chambres de prières!! pauvre la gauche aprés "amen" depuis 1918 ajoutez ""inch""allah"" cordialement

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